
Sumatra
Au coeur de l'île
Salut à tous,
Je suis arrivé chez moi, et sans me perdre en plus. Après 14 heures de nuit ça va, il fait plein soleil on pourra au moins faire sècher les sacs / fringues sans avoir à se prendre la mousson.
Comment ça va de votre côté ?
Sympa d'avoir mis la chansson, merci en voila une autre :
" Moi je connais une chansson ...
Qui énerve les gens,
Moi je connais une chansson ...
Qui énerve les gens,
Moi je connais une chansson ...
Qui énerve les gens,
Etc. "
@ bientôt TLM.
Vendredi 22 aout
Participants : 18 sur 18, OK
Quitter Penang, c'est assez pénible et beaucoup plus compliqué qu'on ne le pensait !
Disons qu'on a dû quitter l'hôtel vers 11h et prendre un bus de la ville de Georgetown pour rejoindre la gare routière.
Compter au moins une heure de traversée de la ville, entassés dans le bus avec nos sacs, à prendre des bouffées de chaleur humide à chaque ouverture des portes (chaud, froid, clim).
Il y a des bus toutes les heures pour aller à Kuala Lumpur. On estime le trajet d'une durée de 4h.
Sauf que :
1) Il n'y avait plus 18 places de libres dans un bus avant 15h (et oui voyager à 18 c'est comme la transhumance, on ne déplace pas un troupeau si facilement).
2) Le bus est parti en réalité à 16h
3) Il y a eu un accident sur l'autoroute, moto explosée, marre de sang immense, cadavre sous la bâche (c'est un peu comme ça que Tiphaine me l'a décrit, moi je dormais).
4) On a demandé une pause pipi supplémentaire au chauffeur, et tout le bus en a profité.
Résultat arrivée à Kuala Lumpur (KL pour faire brancher) à 21h.
Mais au moins c'était un bus confortable (mis à part bien sûr, la clim tellement poussée à fond qu'avec la condensation, elle nous gouttait dessus), c'était de l'autoroute (asphalte lisse, lisse,
liiiiiiiiiisse), avec de véritables aires d'autoroutes avec WC modernes (oh une chasse d'eau) et du savon pour se laver les mains (punaise ça ne nous était pas arrivé depuis 3 semaines ça fait un
choc quand même), et on a eu le temps d'admirer les paysages de la Malaisie, le 3e dragon d'Asie, développé, moderne ... Retour à la civilisation du XXIe siècle (l'Indonésie en est encore au
XXe).
Quant à Kuala Lumpur, c'est le rythme infernal d'une grande métropole asiatique, les enseignes lumineuse, la vie nocturne effrénée, le trafic des voitures, le bruit, la pollution. Un autre monde
... qui grouille dans tous les sens.
Arrivée à l'hôtel Red Dragon (enfin équipé d'Internet, bonheur), douche (froide encore et toujours), et on s'est mis à la recherche d'un resto pour diner. Pour finir dans un genre de kebab local,
repère à l'évidence incontournable pour tous les musulmans intégristes du coin. Les dames sont voilées de noir de la tête au pied, mais ce qui nous a vraiment mis sur le cul, c'est que dans le
resto, on installe des paravents pour les cacher quand elle mange ! Monsieur la sort, mais il ne faut pas qu'on l'a voit, c'est vraiment juste histoire de lui faire prendre l'air !
Apres, ça on a fini la soirée dans une boite de nuit indienne, musique et tout le tralala, bière (locale pas trop forte) et billard.
Aujourd'hui dernier jour du séjour. Journée libre dans KL pour faire les boutiques, dépenser les derniers ringgits, céder à la tentation frénétique de l'achat compulsif, patati patata.
RDV à 16h pour se rendre à la Tour de la TV, d'où on a la meilleure vue sur les Petronas Tower. Sauf qu'en réalité il s'est mis à pleuvoir, donc la tour avait la tête dans les nuages. Mais
qu'importe, 11 warriors y sont quand même montés. Finalement c'était suffisamment dégagé pour qu'on ait une belle vue sur la ville, et les tours, mais de profil uniquement. Alors on est
redescendu, re taxi pour aller aux pieds des Twins Towers. Whouaaaaaaah c'est haut. Gigantesque centre commercial ultra chic à l'intérieur (Gucci, Hermès, Prada, etc. pas dans nos moyens du tout,
du tout). Et vers 19h30, on a sorti nos flashes pour mitrailler les tours illuminées de blanc dans la nuit noire, qu'est-ce que c'était beau !
Retour à l'hôtel pour rejoindre les autres et direction le resto indien, on a très bien mangé épicé pour 1 euro par personne (on peut avoir la turista on s'en fiche, il y a des WC avec PQ dans
les aéroports et les avions, suffit juste que ça ne nous prenne pas en zone de turbulence).
A savoir quand même que Kuala Lumpur est une jungle dangereuse, Nicolas s'y est plus ou moins perdu après avoir pris une vague immense ("J'ai vu un mur blanc"), non, non pas le tsunami, juste un
bus qui est passé dans une flaque d'eau. Et des fois les pavés des trottoirs, en tong ça glisse plus quand c'est mouillé que la gadoue de Siberut !
Voila maintenant, direction l'aéroport KLIA (Kuala Lumpur International Airport) vers 22h, notre avion décolle le 24/08 à 2h et quelques. Escale à Dubaï d'où on redécolle vers 8h heure
locale, pour un retour en France prévu à 13h30 si tout va bien.
Le reste de l'histoire sera conté depuis notre terre natale.
Jeudi 21 août, nous quittons le pays !
Et quitter l'Indonésie c'est aussi une aventure !
Encore un bus conçu pour les petits asiatiques, avec espace dextrement réduit entre les sièges (à croire qu'ils sont tous cul de jatte dans ce pays). Pause pipi à 8h du matin, 3 - 4 gâteaux en
guise de petit-déjeuner, et arrivée au port de Medan (la plus importante ville de Sumatra) vers 9h30.
Chaleur à crever !
(Voilà ça résume bien)
Contrôle des bagages et des passeports pour sortir du pays. Et embarquement vers 11h sur le Fast ferry Ventures, qui traverse en gros le détroit
de Malacca (mais un peu plus au Nord) pour rejoindre l'ile de Penang en Malaisie. Le navire a quitté le port vers 12h, pour une traversée initialement prévue de 4 à 5h. 4 à 5h plus tard nous
étions toujours en pleine mer, pour ne pas dire limite en pleine tempête, les creux n'étaient pas si immense que ça, mais vu la vitesse à laquelle le bateau prenait les vagues de plein fouet,
autant dire qu'on était quand même vachement secoués (oh là, là, ça tangue, oh là là, j'ai mal au ventre, oh là là).
Enfin, pour ceux qui doutaient encore de l'efficacité des bracelets d'acupuncture contre les nausées, je persiste c'est d'une efficacité redoutable ! Remi n'a pas été malade, et il bêlait
encore très bien à l'arrivée !
Et enfin, à 19h, heure locale (+6h par rapport à la France) nous avons enfin atteint Georgetown sur l'ile de Penang en Malaisie. Et re contrôle des passeports avec file d'attente et tout le bazar
!
Puis on s'est mis à la recherche d'un hôtel. Très franchement, on ne s'est pas cassé la tête, on a pris le premier venu, pas trop de cafard, de l'eau (froide) pour se laver, un trou pour
pisser, ça nous suffit désormais.
Et direction le resto indien du coin pour faire le premier vrai repas de la journée (parce que les chips, ça nourrit quand même pas des masses).
Mouton penjâbi pour les uns et poulet tandoori (très rouge) pour les autres, avec des cheese nams qui manquaient certes un peu de fromage, et nous voilà rassasiés. Les increvables sont
sortis, les autres sont allés se coucher sous la fraicheur du ventilo.
Bukit Lawang, ou petit village touristique perdu au fin fond de la jungle.
Perdu si on considère la route pour y aller ...
Touristique si on considère la foule de jeune qu'il y avait le lendemain de la fête de l'indépendance !
Tous ces jeunes indonésiens en short T-shirt, qui descendent la rivière sur des chambres à air !
Hôtel confortable à Bukit Lawang, avant de repartir pour un petit Trek dans la jungle !
Et oui, des mardi 19 août, 8h15, nous étions en marche pour le Parc National (dont je n'ai pas noté le nom) mais qui est classé au Patrimoine Mondiale de l'Humanité par l'UNESCO en raison de la
présence d'Orang-outang.
Pour la petite histoire :
On ne trouve des Orang-outang que dans 2 endroits dans le monde, ici à Sumatra, et sur l'Ile de Bornéo en Malaisie.
Oran-Orang signifie en bahasa (indonésien ou malaisien) Orang "personne" Outang "Foret", les personnes de la forêt. Les Orang-outang du Parc National de Sumatra sont protégés par la WWF, qui en
fait mène un programme de réintroduction de cette espèce dans son milieu naturel. En effet, jusqu'à il n'y a pas encore si longtemps, les Orang-outang étaient considérés en Asie du Sud-est comme
de simples animaux de compagnie. Donc la WWF leur apprend a réintégré leur milieu naturel, à redevenir sauvages en quelques sortes, mais vous allez voir que ce n'est pas gagné.
En effet, 10 min après être entrés dans le parc, Alec notre guide a réussi à faire venir 2 femelles à l'aide bananes qu'elles venaient prendre directement dans notre main (voir sur
notre tête ou dans notre bouche). Aucune peur de l'homme, encore moins de flashs des appareils photo, c'est limite si Maman Orang-outang ne prend pas carrément la pause avec son bébé, tout en
vous pissant sur la tête (juste le temps de mettre l'appareil à l’abri).
Mais au moins on les aura vu ces Orang-outang, avec leur fourrure orange, c'est vrai qu'ils nous ressemblent beaucoup.
Apres ça, ben on a (encore) marché, heureusement pas de boue cette fois-ci, mais bon, ça monte, ça descend, souvent, longtemps ... ça grimpe, ça glisse je devrais dire, pas évident !
Pause casse-croute au bord d'une rivière à midi. Le guide (et ses assistants) nous ont préparé du riz (épicé encore) servi dans une feuille de bananier (rincée dans l'eau de la rivière) avec
concombres et tomates (lavés dans la rivière), et en dessert pastèques et ananas (lavés aussi dans la rivière). Rivière dans laquelle nous avons croisé un serpent et des tortues ... (ça devrait
améliorer nos défenses immunitaires non ?)
30 minutes de montée, et encore 30 minutes de descente vertigineusement glissante plus tard, nous avions enfin atteint la rivière au bord de laquelle nous dévions bivouaquer ! Encore faut-il
réussir à la traverser parce que le courant était quand même fort !
Et enfin on y était, détente dan l'eau fraiche. Sauter des rochers accrochés aux lianes. Cadre naturel préservé que l'Homme n'a pas encore modifié. Paysage d'une Nature authentique, magnifique
!
Bon le soir, on s'est pris un superbe orage, les éclairs (ne pas s'abriter sous les arbres, et quand on est au milieu de la jungle comment on fait ?), les trombes d'eau, le tonnerre, et nous
sagement installés sur et sous des bâches en plastiques, couchés à 20h (ben oui, quand il fait noir et qu'on a finit de manger, il ne reste plus grand chose à faire).
Et le lendemain, après avoir profité de ce cadre idyllique durant la matinée, nous sommes montés sur les fameuses chambres à air attachées par 5, ce qui forme une sorte de bateau pneumatique,
pour faire ce qu'ils appellent du rafting ! Ce n’est pas top top quand même de rester les jambes écartées comme ça ...
Mais bon ça va, c'était relativement tranquille et calme comme rafting.
Une bonne douche plus tard, et un bon repas (très varies vous l'imaginez) on était tous au dodo, (avec encore un super méga orage, qui nous a encore bien rincé, moisi on va
être moisi) parce que le lendemain, debout à 5h pour prendre le bus à 5h30, avec retraversée de Bukit Lawang à pied dans le noir ! (Heureusement il ne pleuvait plus).
Et l'aventure continue ...
Arrivés samedi 16 août sur les bords du lac Toba, nous avons (encore) pris un bateau, pour rejoindre l'Ile Samosir (et nous ça moisie) au milieu du lac, et plus précisément la presqu'ile de Tuk
Tuk, où se trouve l'hôtel Libera géré par l'excellent Mr Moon le coup de cœur du Routard. Pour la petite histoire (géologique), le Lac Toba a été formé il y a environ 100 000 ans par une
gigantesque explosion volcanique, donc oui en quelques sortes nous étions sur une immense caldeira !
Bon, en résumer, là c'était détente ! Superbe maison de style batak (avec leur toit en pointes relevées, qui symbolisent les cornes d'un taureau suite à la légende selon laquelle c'est grâce à un
taureau que les habitants de Sumatra ont préservé leur indépendance vis à vis du royaume de Java, bla bla bla). Petite nouveauté, après les blattes, cafards, et rats, nous avons découverts les
joies de dormir avec des puces !!!
Détente, farniente, shopping, l'art de vivre façon mentawais, ne rien faire, se la couler douce, profiter des vacances et se remettre de la nuit dans le bus.
Le lendemain, les hommes (Remi, Adrien, Julien et Flo) étant en manque d'activités sportives, ont décidé d'aller se faire un tour en vélo, ils ont également découvert l'histoire des cannibales de
l'ile. Ca les a mis en appétit vu tout ce qu'ils ont ingurgité en rentrant.
Pendant ce temps, les autres sont allés en minibus (mini, mini, ultra serrés) voir un spectacle de danses traditionnelles et voir des sources d'eau chaude.
Puis on a repris le bateau (encore) pour retraverser le Lac Toba et arriver à Prapat. Où on a pris un minibus pour Bukit Lawang. Le minibus rien que pour nous, mais toujours adapté au format des
petits asiatiques, place limitée pour les jambes (Herve a donc sa propre banquette de réservée désormais). Là par contre on n’avait pas de clim, il faisait chaud. Sur la fin du trajet, il n'y
avait même plus de route, on était quelque part dans le noir, dans une plantation de palmiers (pour récolter l'huile de palme) dans la gadoue, c'est limite si le minibus ne traçait pas lui même
sa propre route. Quoiqu'il s'arrêtait assez souvent pour demander son chemin ...
Et bien sûr quand on est arrivés, l'orage, il pleut, les pieds dans l'eau ! Et 20minutes de marche à pied, dans le noir, avec le gros sac à dos (je précise qu'il était un peu plus de 2h du mat')
pour rejoindre l'hôtel ! Gros dodo direct !
Reprenons le cours de notre histoire ...
Nous avons donc rejoins la civilisation (d'une moins une plus moderne que celle rencontrée dans la jungle de Siberut) mercredi 13 août à Bukittinggi, entre 2 volcans et au bord d'un canyon (non
Sumatra est tout sauf une ile plate).
Apres 2h de route, relativement lisse (whouaaah du goudron, pas de gadoue), nous étions arrivés à l'hôtel, avec le bonheur extrême de pouvoir prendre une véritable douche, se laver les cheveux,
se raser, s'épiler, et pisser dans des WC !!! (Et oui le bonheur se résume parfois à peu de chose).
Qu'est-ce qu'on était beau et propre après ça, tout neuf, et en plus on sentait bon !!!
Et après ça direction la laverie pour tenter de faire disparaitre la boue, la transpiration et autres odeurs de moisies liées à l'humidité, incrustées dans nos habits.
Petit tour en ville également, pour les achats habituels du parfait touriste, de la carte postale à la photo du panorama, en passant par le truc de déco typique du coin, dont on ne sait toujours
pas où on va le caser dans la maison ...
Bref, retour à un mode de vie matérialiste certes, mais le confort à l'occidental ça fait du bien quand même !
Sans parler de la possibilité de manger un hamburger frites ou une pizza ... (ce n’est pas typique comme plat, mais bon le riz épicé midi et soir, au bout d'un moment ... enfin vous comprenez
!)
Le lendemain, réveil à 5h. Non pas par le chant du coq, mais par le chant du Muezzin ><
Pour ceux qui ont vu le film OSS 117, je vous laisse imaginer quelle idée nous a traversé l'esprit, mais on a été raisonnable, on est resté sagement au fond de notre lit, la tête enfouie sous
l'oreiller en résistant à l'envie d'aller lui arracher son micro !!
Apres le petit déj', on a pris un minibus et deux 4X4 (avec intérieur en cuir et vitres teintées) et on est parti à la découverte des environs de Bukittinggi. C'est à dire, grimper dans la jungle
(et oui encore) accrocher à des lianes, pour aller admirer la Rafflesia, soit la plus grosse fleur du monde. Plus grosse, ne veut pas dire qui sent forcement bon, ni super belle ! Mais on peut
mettre la tête dedans, certes !
Rizières, plantation de café, épices, bananes, moulin à eau pour moudre le café, déjeuner au bord de l'eau, avec comme particularité, le bassin à poisson ! Explication : ce qui sort des
toilettes, tombe directement dans le bassin à poisson. Les poissons s'en nourrissent, recyclage. Et ensuite, les hommes mangent les poissons (rappelons que l'Homme est au sommet de la chaine
alimentaire), et élimine le tout dans les WC, et tout repart chez les poissons, et ainsi de suite ... Dans la Nature rien ne se perd, tout se transforme !
Enfin, balade fort sympathique, entre les rizières, les reliefs escarpés et volcaniques, recouverts de la végétation équatoriale, les cocotiers, les palmiers, les paysages en terrasse,
l'Indonésie dans sa splendeur naturelle ... Ou du moins le peu qu'on arrive à en voir, parce que le souci avec les pays intertropicaux humide, c'est qu'il y a souvent une espèce de brume
persistante, qui vous cache un peu la vue !
Et pour finir la journée, spectacle de danse, costumes et instruments traditionnels, démonstration d'arts martiaux, danse avec le feu et sur des assiettes brisées (aie, aie, aie les pieds),
sympathique, certains ont même participé (Hein Amélie, le rythme dans la peau).
Vendredi 15 août, un premier groupe est parti traversé le canyon à pied. La descente ça va. La traverser du cours d'eau sur un pont suspendu qui n'aurait même pas été homologué pour figurer dans
un Indiana Jones c'est déjà moins ça, quant à la remontée, n’en parlons pas ! Pourquoi dans un pays où les gens sont tout petit, donc avec de petites jambes les marches sont-elles si hautes ??
Ils les montent a 4 pattes ce n’est pas possible. Tout ça pour se rendre dans un village d'artisans qui font des bijoux en argent à un prix insignifiant !
Après-midi libre pour finir les emplettes, et se détendre, avant LE trajet en bus.
A 18h, on a chargé nos sacs sur le toit du bus (plus ou moins à l'abri sous une bâche) et on est monté dans le bus, pour ne pas dire dans le réfrigérateur roulant, tant la clim' était forte ! Ne
parlons même pas de l'éclat qu'il y avait sur le pare-brise juste à hauteur du chauffeur (qui devait voir la route en caléidoscope), là, même Carglace n'aurait rien pu faire, franchise ou pas
franchise ! Notons tout de même, la musique ... Pour les anciens d'Equateur, on imaginait difficilement qu'il pouvait y avoir pire que la flute de pan, et ben, si, il y a la voix criarde
d'une jeune asiate sur fond de synthé mal accordé (et j'exagère à peine) Atroce !
Jusqu'au clou du spectacle : la crevaison du pneu ! A l'évidence ça doit arriver souvent vu la façon dont le chauffeur a géré le freinage du bus, sans rien heurter ! Donc pause-pipi. On en
profite pour visiter ceux du bus. Ah, là, il n'y a pas la clim', ou alors c'est que ça fermente tellement que ça en produit de la chaleur ! N'empêche que les chiottes turques dans un bus, il vaut
mieux y aller à l'arrêt ! Parce que l'état de la route a tendance à agiter quelque peu le bus !
Bref on est arrivé sur les bords du Lac Toba, le lendemain à11h40, soit après plus de 17h40 passées dans le bus ! Warriors, on est des warriors (ou alors on est des malades).
Dans la jungle, terrible jungle ...
Ce n’est pas le lion le pire, c'est la boue !!!!
Parce qu'une fois qu'on a débarqué de la pirogue, il a fallu marcher dans la forêt dense.
Alors, ça glisse, les chaussures collent, des fois, elles n'adhérent plus aux rondins de bois, donc on se casse la figure. A vrai dire au bout d'un moment il vaut mieux marcher à cote du rondin
de bois c'est moins dangereux. Et d'autres fois, la chaussure adhère tellement a la boue, qu'elle y reste ...
Ah on avait l'air hyper sexy avec nos spartiates (les chaussures de l'abbé Pierre) accrochées avec de la ficelle rose et nos chaussettes (si elles étaient blanches, elles ne le sont pas restées
longtemps) remontées jusqu'à mi mollet ...
On tombe dans les rivières, on put, on transpire, on a chaud, on colle, on sent le moisie, on moisie sur place, on a de la boue partout, on se lave dans la rivière, 5 minutes après on a à
nouveau de la boue sur les pieds et on colle à nouveau ... Boue, gadoue, boue, gadoue, géniaaaaaaaaaaaal !!!
Les animaux dans la jungle, on a surtout vu des cochons (et ça put, et ça fait du bruit) et des poules (et ça en fait du bruit) avec des coqs qui chantent à 2h du matin (mais enfin il fait
nuiiiiiiiiiiit).
Les mentawais vivent dans des cabanes en bois sur pilotis, et ils se contentent très bien du strict minimum qu'ils trouvent sur place, et ils trouvent de tout sur place. Exit donc notre superflu
occidental. Donc exit aussi les WC. On apprend purement et simplement à chier dans les bois (en évitant de se faire surprendre par un indigène armé de son fusil), pas de douche, on se lave dans
la rivière en évitant d'attraper des sangsues, et pour se changer, vive l'intimité, les dames comparent leurs seins aux vôtres.
La nourriture ça a été, si on aime le même menu riz épicé, légumes bouillis, omelette. Mais Awang cuisine très très bien vu le peu de moyen qu'il avait. Du thé à tous les repas, sinon l'eau de la
rivière bouillie. Et le must du must, c'est les pancakes au chocolat et à la noix de coco le matin.
C’est vrai qu'ils fument beaucoup les mentawais, mais à vrai dire, ils n'ont pratiquement que ça à faire. Ils nous ont montré comment faire des strings avec des écorces d'arbres pour les
messieurs, des jupes en feuilles de palmiers pour les femmes. Ils ont des tatouages, en dehors de nos vêtements occidentaux, les hommes vivent en string et les femmes les seins à l'air. Il y a
des cranes d'animaux, de singes entre autres, au dessus des portes, c'est authentique comme mode de vie, comme si on avait atterri dans une autre époque, tellement éloignée de notre mode de vie
actuel, tellement loin de ce qu'on connait, et vraiment pas facile à raconter.
Les plus courageux (ou les plus fous, ça se rejoint) d'entre nous ont mangé ces très gros vers blancs, ceux qu'on voit dans Koh Lantha, Chrystel a eu du mal à s'en remettre !
On est allé pêcher des petits poissons, on nous a montré comment faire des flèches empoisonnées.
Encore une petite anecdote ...
Un soir dans la première maison mentawai sur pilotis, le plancher a cédé sous notre poids ... Ca fait bizarre d'entendre les planches craquer juste à cote de soi ...
A l'évidence ces cabanes n'ont jamais été conçues pour 18 personnes de notre gabarits (et oui eux ils sont tout petit, tout léger, et sans poils).
Vivre comme des mentawais, c'est surtout apprendre à ne rien faire, et finalement pour des occidentaux, ce n’est pas si évident que ça !
Lundi, on est parti vers une autre cabane mentawais, plus profondément dans la jungle. 2 bonnes heures de marche dans la boue, ça grimpait pas mal en plus. A peine arrivés, on a repris une
bonne averse. La mousson ... Ca flotte, tout reste toujours humide, rien n'est vraiment sec, et ça sent toujours le moisi, l'eau croupie, la boue ...
Mardi, on est allé jusqu'à une cascade, perdue en pleine foret. Vous voyez les pubs pour les gels douche Ushuaia ?? Et bien, on a fait pareil, sous la chute d'eau, qu'est-ce que ça fait du bien
!
Retour à la cabane mentawais, on a récupéré notre petit sac à dos, et hop, chemin inverse pour retrouver la pirogue, donc re gadoue, glissade, chaussures perdues, chaussettes laissées sur place,
sangsues, boue, chutes, gamelles. Les plus fous l'ont fait en 2h10, les plus sages en 3h et quelques.
A nouveau, la pirogue et quand il n'y a plus de soleil, là il fait bien froid quand on est tout mouillé.
Retour à l'hôtel en bois de la plage, pour un repas riz épicé thé (habituel), douche, petit tour dans l'Océan bien chaud, et hop direction le bateau.
Donc toujours un bateau en bois, merci encore à Awang qui a encore réussi à nous avoir des cabines. La petite surprise cette fois-ci, ça a été de découvrir des blattes et des cafards sous nos
matelas ... Bonheur ! Ophélie a même croisé un rat dans son sommeil ...
Mais c'est bon on a quitté la jungle, tous vivants !!!
Et on est enfin propre !
Apres avoir bien profité de la plage à Padang, nous avons pris un bateau pour aller sur l'ile de Siberut où vivent les Mentawais, les hommes
fleurs donc.
Donc, munis uniquement de notre petit sac à dos contenant le strict minimum du minimum vital (trousse à pharmacie, lingettes, maillot de bain (et encore), tenue de rechange (et encore), lampe
torche (et encore), etc.), nous avons embarqué sur un drôle de rafiots.
Donc, c'est un bateau en bois, très loin de tout ce que vous pouvez imaginer, tout petit, même chez Disney il n'y en a pas des comme ça !!! Même dans les musées maritimes on n’en trouve pas des
bateaux pareils !
Heureusement Awang est un super guide et il a réussi à nous avoir des cabines, au moins on a un lit avec un matelas, et on ne dort pas tous entassés à fond de cale. Il fait chaud certes, on a mis
un certain temps pour partir (2h à quai pour attendre la marrée), mais une fois en mer bercés par les vagues ça va mieux, on vogue au gré des flots dans la nuit noire ...
Au petit matin, on a pu voir des dauphins suivre notre bateau, avant d'atteindre la pointe Nord de Siberut.
Une fois accosté, le bateau n'en finissait pas de décharger sa cargaison ...
Et nous, courageux warriors avons attendus sagement à bord ...
On a eu droit à une visite de la cabine de pilotage, et même au karaoké en indonésien (à savoir qu'en Asie du Sud-est, le karaoké fait fureur).
Et encore 4h de navigation, en longeant la côte ouest de l'Ile pour atteindre la pointe sud. Vu du bateau on dirait une ile desserte, sauvage, inhabitée et inexplorée. On se sent comme ces grands
explorateurs, tels James Cook, Abel Tasman, Marco Polo, Christophe Colomb, qui ont eu la chance de découvrir ces terres inconnues (enfin pour ceux qui ne dormaient pas au chaud dans leur
cabine)
Le Mer est belle est calme, le Soleil brille, le vent qui nous rafraichie, le bruit des vagues qui nous apaise et personne n'a eu le mal de mer !!!
Et enfin à 17h30, après plus de 20h passées sur ce "radeau" nous avons enfin rejoint la terre ferme ! Siberut nous voilà. On a emprunté ce qui doit être la seule route bétonnée de l'ile pour
rejoindre un petite hôtel (enfin une cabane en bois, ne nous emballons pas). Baignage délassante dans l'océan, douche (on a vu la couleur de l'eau que lendemain matin, marron) en puisant l'eau
dans un puits (l'anecdote c'est que Nicolas y a laissé tomber le seau quand même). Un bon repas de riz épicé avec un bon thé bien chaud (vous allez voir le menu c'est souvent le même), et dodo à
même les planches en bois du sol de la cabane (et elles sont bien dures).
Pour être réveillés régulièrement, par le chat, les chiens, la noix de coco qui tombe sur le toit de la cabane, l'orage, la pluie, les poules, et les coqs qui se répondent mutuellement des 3h du
matin !!! Nuit paisible en somme ...
Puis au petit matin, nous avons fait don de quelques fournitures scolaires à l'école du village, avant d'acheter des cigarettes pour les mentawais et de s'embarquer dans l'étroite pirogue, assis
sur une simple planche en bois, ou 2 fessiers tiennent à peine côte à côte ... (et pu**** qu'est-ce qu'on a encore eu mal au c**).
Et on s'enfonce profondément dans la jungle ...
Donc, suite à nos très longues heures d'avion, nous avions bien mérité un peu de repos et de détente.
Donc à peine avions-nous quitté l'aéroport, que nous étions déjà dans les paysages typiques de l'Asie du Sud-est, les cocotiers, les palmiers, les bananiers, la forêt dense équatoriale, les
rizières, les reliefs escarpés dont on devine juste les silhouettes dans la brume, et enfin la plage ...
L'océan Indien ... On y est !!! Les vagues sont fortes, quelques rouleaux puissants, qui délassent et font vraiment du bien, et cette température exquise !! Le bonheur !!!
D'accord la page n'est pas super propre, disons juste qu'à la différence de chez nous, elle n'est pas nettoyée. Donc tout ce que nous jetons à la mer, la mer nous le rejette sur la page ...
N'empêche que les cocotiers, le sable fin, les petites paillottes en bois, la mer, le bruit des vagues, tout ça reste très paradisiaque, et pratiquement sauvage !!! Pas de grands complexes
hôteliers, par d'infrastructures touristiques, juste l'Indonésie authentique ...
Bref, du repos, chez "Uncle Jack" (c'est le nom de l'hôtel), on apprend à manger du riz épicé à pratiquement tous les repas, et rencontre avec Awang, notre guide, qui nous présente la mission
Siberut ...
Effectivement, on fait bien de se reposer avant vu ce qui nous attend ...
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